L'ESPAGNE UN ENFER POUR LES ANIMAUX
LES LEVRIERS

80 millions d'animaux tués uniquement en Espagne durant la saison de chasse

Pouvez-vous imaginer que tout prés de chez vous, des refuges sont remplis de dizaines de chiens d'une seule et même race... Savez-vous que des milliers de ces chiens sont martyrisés, mutilés, affamés, battus, abandonnés, pendus... massacrés.
IMPENSABLE ?
Pourtant ce n'est pas un rêve, c'est une sombre réalité en Europe car de l'autre côté des Pyrénées, c'est le cauchemar qu'endurent les Lévriers Galgos.
Dernier pays Européen à autoriser la chasse avec des Lévriers, l'Espagne ne leur réserve aucune perspective si ce n'est une vie emplie de souffrances et une mort violente. Utilisés comme de vulgaires outils que l'on fait reproduire à outrance, ce sont environ 500.000 Galgos qui chassent d'octobre à février dans toutes les campagnes de la péninsule Ibérique.

Durant cette période les cas de maltraitance extrême se multiplient, pattes sectionnées, stérilisations sauvages, jetés au fonds de puits pour y mourir, traînés derrière des véhicules, strangulation et asphyxie à l'aide de sacs plastique, empoisonnés par injection d'acide, oeil crevé, entailles tout le long de la queue, défaut de soins et de nourriture, puce électroniques retirées à vif au couteau, abattus au fusil, frappés à mort, les membres brisés volontairement par leurs propriétaires pour empêcher que les Lévriers ne le suivent quand ils les abandonnent sur place après une partie de chasse, balancés sur les autoroutes, oubliés hors de vue dans des cabanes, des maisons en ruine, des usines désaffectées ou des grottes isolées, déposés par dizaines dans des fourrières surpeuplées où ils y sont euthanasiés à la chaine... L'Espagne est également le seul pays européen dans lequel il est banal de rencontrer un Galgos pendu à un arbre, les pattes arrières frôlant le sol pour prolonger son agonie.

La liste des supplices qui leur sont infligés est aussi démesurément grande que l'imagination des tortionnaires qui les appliquent. On peut également souligner les ravages causés par rebond à la faune locale quand la saison de chasse bat son plein car des populations entières de lapins et de lièvres sont décimées en pleine période de reproduction. De fait, elles enregistrent une baisse constante année aprés année mettant également en péril la survie des prédateurs naturels ( renard, oiseaux de proie...) de ces rongeurs.
Les associations Espagnoles avancent le chiffre de 50.000 Galgos qui meurent sous ces pratiques chaque année. Seulement 10 % d'entre eux peuvent être recueillis, soignés et proposés à l'adoption; le plus souvent en dehors des frontières de leur pays d'origine comme c'est le cas en France où plusieurs associations relaient les SOS émis en continu par les refuges Espagnoles, prennent en charge des rescapés pour leur trouver des familles et dénoncent publiquement le calvaire de ces Lévriers.
Afin de mettre un terme définitif à cette situation qui perdure depuis trop longtemps, une seule solution : l'interdiction de la chasse avec des Lévriers en Espagne, comme dans le reste de l'Union Européenne.
http://www.spa.asso.fr
Ecrire: Les maltraitances de Galgos en Espagne
sur le moteur des recherches ( You Tube)
au centre puis en haut de la vidéo.
DES CHIFFRES ALARMANTS
Pour cette dernière option on mentionnera l'usage courant en Espagne de pièges, trappes, collets autant de pratiques que l' Europe interdit. Et comme l'Espagne va jusqu'au bout de son indiscipline européenne on signalera également l'usage du poison et tout particulièrement de la strychnine.

- L' Espagne des chasseurs c'est également des provinces laxistes qui favorisent des chiffres alarmants comme par exemple la province de Madrid qui n'autorisant plus les Gardes Forestiers, Seprona et Police a pénétrer les zones forestières privées ( 75 % ) de la superficie de Madrid ) vont du coup favoriser le braconnage mais également les infractions concernant les espèces protégées qui n'auront plus que le nom...
L'Espagne c'est encore 200000 abandons d'animaux de compagnie chaque année.. Trois espagnols sur dix connaissent forcément quelqu'un qui a abandonné son animal, des chiffres très significatifs de l'insuffisance des mesures prises pour pallier à cette situation. 95 % de ces chiens mourront soit écrasés sur une route soit sacrifiés dans une perrera.. Partir en vacances avec son animal est incompatible pour 38 % des espagnols..
Le taux d'abandon d'animal en Espagne est le quadruple de la moyenne de l'UE !
- L'Espagne c'est toujours 60000 animaux sacrifiés chaque année pour les fêtes populaires dites de tradition la liste allat des taureaux aux canards en passant par les chêvres et les ânes etc...
- L'Espagne c'est aussi pour finir 300000 animaux sacrifiés chaque année dans les perreras, 300000 !!
Ces chiffres vous paraissent énormes ? De l'avis même de la presse espagnole ils pourraient bien être pir encore..
- si l'on considère que nous n'avons aucun chiffre du nombre d'animaux qui naissent chaque année, les élevages n'étant pas répertoriés..
- si l'on considère que les perreras pour la plupart ne tiennent pas à jour le registre d'entrée et de "sortie" des animaux..
- si l'on considère qu'il n'y a aucune obligation d'identification des animaux et surtout... si l'on considère qu'il n'y a aucun programme encourageant à la stérilisation des animaux..
- si l'on considère que les sanctions concernant le braconnage sont très peu dissuasives ou trop rares...
... Pour toutes ces raisons ont peut considérer tous ces chiffres comme probablement bien en dessous de la réalité.

LISTE D'ASSOCIATIONS FRANCAISES DE SAUVETAGE
DE GALGOS ET PODENCOS
Toute ces associations sont des relais entre certains refuges de l'Espagne et la France pour donner une chance à un maximum de ces chiens en leur trouvant une famille d'adoption en France.
Tous les chiens en provenance d' espagne sont stérilisés mâles e femelles, testés pour l'erlichiose, la leishmaniose, la dirofilaria et pucés..
Un système de fmille d'accueil à leur arrivée d'Espagne peut leur servir de sas de resociabilisation avant adoption mais tous ces chiens sont merveilleux, très " nobles " comme le disent les espagnols, ce sont des chiens exceptionnels qui méritent des maîtres exceptionnels pour peu qu'ils déploient un peu de patience face éventuellement à leur crainte initiale..

SOS LEVRIERS
FRANCE
GALGOS ESPOIR http://galgosespoir.com
PASSION LEVRIERS http://www.passionlevriers.com
SOS LEVRIERS http://www.sos-levriers.org
LEVRIERS. NET http://www.levriers.net
LES GALGOS D'ALFA http://galgosdalfa.monsite.orange.fr
LEVRIERS 77 http://www.levriers77.org
GALGOS FRANCE http://galgosfrance.net
LEVRIERS MIDI- PYRENNEES http://www.levrier-galgo.com
L'APPEL DES LEVRIERS http://www.appel-des-levriers.com
BULLETIN DES LEVRIERS http://levriersyveline.site.voila.fr
LES FILS DU VENT http://www.lesfilsduvent.asso.fr

ASSOCITIONS OF RESCUES IN THE WORLD
LISTE D' ASSOCIATIONS HORS FRANCE
BELGIUM
SCOOBY BELGIUM http://www.scoobybelgium.be
GALGO SAVE BELGIUM http://www.galgosavebelgium.be
UN ANGE POUR LES LEVRIERS http://www.unangepourleslevriers.be
ASSOCIATION PASSION PODENCOS http://wwwpassionpodencos.be
Commentaires
cri d'alerte site : cridalerte.blog4ever.com | le 09/02/2009 à 14:06:04
Votre blog es super, complet et tres touchant! C'est important de fair connaitre la souffrance animal afin de faire avancé les choses... Merci pour eux
BAMAKO site : | le 21/10/2008 à 23:31:36
Cela démontre que l'on peut être minable.
Ces pratiques sont scandaleuses.
<< En abusant de sa supériorité pour infliger la souffrance, l'homme perd sa dignité >>
Charles-Amarin BRAND
Vivie le 21/10/2008 à 17:23:28
Voici un texte qui traduit la dure réalité....
Le pianiste...
C’était un bout de terrain presque plat, une saignée dans la forêt, les hommes étaient là, en groupe. Ils fumaient des cigarettes mal odorantes qu’ils roulaient tout en plaisantant. Nous, les galgos, on était au pied. Les oreilles agitées, attirées par les mille bruits de la forêt.
Un peu excités aussi, par l’odeur du lapin qui était là, à quelques pas, dans la cage grillagée. On sentait sa peur. Elle nous attirait, comme un aimant.
Les hommes se sont mis en rang, chacun avec un galgo serré entre leurs cuisses, les colliers de corde ou de fil de fer étaient solidement tenus.
Le mien entrait douloureusement dans la peau de mon cou. Puis, ils ont ouvert la cage. Affolé, il a surgi à la vitesse de l’éclair. Au signal, les galgueros ont lâché les colliers. J’ai ressenti une vive douleur à la queue. Pour me faire « démarrer » plus vite, mon maître l’a entaillée avec son couteau. Comme mes frères de course, je porte des dizaines de stigmates de ces coupures. Cela ne me fait pas courir plus vite, mais mon maître ne semble pas s’en rendre compte.
Alors, j’ai couru. Couru de toutes mes forces, couru de tout mon être. Je voulais l’attraper cette petite boule de fourrure beige qui s’agitait frénétiquement devant nous, changeant sans cesse de trajectoire pour nous tromper. Le sang battait à mes tempes et je sentais l’air s’engouffrer dans ma large poitrine après les premières secondes où j’avais retenu mon souffle.Mais je suis un coursier. Un chasseur et un coursier, et je ne le quittais pas du regard. Je percevais son affolement. Les hommes criaient, tapaient dans les mains, criant les noms des chiens qui couraient pour eux. J’étais presque sur lui, je recevais de minces giclées de poussière soulevées par ses pattes.
Et puis, il y a eu cette motte de terre qui a cédé sous ma patte, j’ai perdu l’équilibre un instant, mais je ne suis pas tombé. Blas, un grand galgo noir en a profité, il m’a devancé et a attrapé le lapin. Il l’a secoué dans sa gueule, en sautant en l’air de plaisir. Je me suis approché, mais il a grogné. Il était le vainqueur. Les hommes sont arrivés en courant, ils ont retiré son trophée à Blas. Il a aboyé. Il a reçu un coup de fouet.
Mon maître était furieux, je l’ai vu donner des morceaux de papiers au maître de Blas. Il m’a attrapé par le collier, méchamment et a serré. J’ai gémi. Il m’a donné des coups de poings et des coups de pied. Ce n’était pas ma faute, je ne l’avais pas vu cette motte de terre, et puis, le plus important c’était bien que le lapin qui s’était échappé ait été rattrapé. Même par Blas !
En revenant vers les voitures, j’ai aperçu Libra. Elle se traînait sur trois pattes. Elle était tombée. L’os sortait de sa patte arrière droite, juste au-dessus de la cheville. Son propriétaire, un gros chasseur du coin l’a insultée, puis il l’a rouée de coups de pieds. Chaque fois que les coups atteignaient sa patte brisée elle hurlait. Il riait et il tapait encore plus fort. Puis il a donnée un coup de talon sur son dos. Elle n’a plus bougé. Plus gémi. Mais j’ai vu ses yeux. Elle était encore vivante.
Ils l’ont laissée là.
Il y avait de la bière, les hommes ont bu en plaisantant. Le soleil commençait à chauffer. Mon maître m’a attaché au bout d’une corde et il m’a entraîné vers la voiture. Je suis monté à l’arrière, aidé d’un bon coup de pied dans les reins. Tout en conduisant, très vite malgré l’état de la route, il n’a pas arrêté de hurler après moi. De m’insulter. De temps en temps il se retournait et me frappait avec un bâton qu’il a toujours avec lui. Arrivé à la ferme, il m’a attaché. Très court. Je ne pouvais pas atteindre la vieille bassine pleine d’eau sale dans laquelle je bois habituellement. Il est rentré. Je l’ai entendu hurler encore.
Puis il est sorti, avec un fouet et il a commencé à me frapper. Je ne pouvais pas m’enfuir, tout au plus me rouler en boule. Le fil de fer m’étranglait et je suffoquais tandis que les coups pleuvaient sur mon dos, sur mes flancs.
Pourquoi ?
Au bout d’un moment il s’est calmé. Il est rentré. Le soleil cuisait mes plaies, les mouches se posaient sur moi, mais je n’avais même plus la force de les chasser.
Nina, une petite galga est venue lécher mes plaies. Je n’ai pas réagi. Cela apaisait un peu la brûlure. Mais elle ne pouvait rien faire pour ma gorge serrée et desséchée par la soif. Nina est là depuis longtemps, elle fait souvent des petits. Ils partent très vite. Elle est vieille maintenant, elle est très maigre. Elle est là depuis au moins cinq saisons de chasse.
La journée a été longue. Le maître est parti à la chasse, avec Nina. Au soir il est revenu. Seul. Je ne disais rien, je ne faisais aucun mouvement, comme si j’avais voulu me confondre avec le sol. Mais il est revenu vers moi. Il m’a craché dessus et donné un coup de sa botte ferrée.
Toute la nuit, j’ai grelotté, de froid, de fièvre, de douleur. Les tiraillements de ma peau déchirée rendaient chaque mouvement douloureux. Même respirer devenait un calvaire.
Au matin, il est venu vers moi, il avait une longue corde.Il m’a détaché, a passé la corde dans le fil de fer qui me sert de collier et il m’a traîné. Je pouvais à peine me tenir debout. Il m’a attrapé par le cou et par une patte et m’a jeté dans la voiture. J’ai hurlé. Il a ri. J’avais mal. Mais son rire m’a rassuré. En général, quand il rit, il ne frappe pas trop longtemps. Ou moins fort.
Il a pris un chemin de montagne, un de ceux que nous prenons quand il m’emmène chasser. Mais jamais je n’aurai la force de chasser. Je ne peux même pas me remettre debout dans la voiture. J’ai glissé entre les sièges, sur le plancher et je ressens tous les cahots de la route empierrée.
Il fait beau. Au loin j’entends des oiseaux chanter. Une abeille est venue se poser sur ma truffe. Je ne pouvais même pas la chasser. Elle s’est envolée. Il doit y avoir pleins de lapins par ici. Je sens l’odeur de leurs crottes. Il arrête la voiture. Il sort et fume une cigarette. Par la fenêtre j’aperçois la fumée bleutée qui s’élève, mais je ne le vois pas, ma tête posée sur le plancher de la voiture. J’entends sa botte qui racle le sol. Il écrase sa cigarette. Il fait toujours cela. Il ouvre sa porte et se saisit de la corde et il tire d’un coup sec. La douleur est fulgurante. Mon souffle est coupé. Il empoigne sans ménagement la peau de mon dos, comme le faisait ma mère lorsque j’étais chiot. Mais il me fait mal. Je ne suis plus un chiot. Il me jette part terre et il me traîne en me tenant par les pattes. Ma langue sort de ma bouche, je n’ai plus de salive et la douleur de ma gorge est comme un fer rouge. Il s’arrête enfin. Je sens alors les cailloux coupants du chemin qui ont ravivé mes plaies. Il me regarde. Me donne un coup de pied dans la mâchoire.
Pourquoi fait-il cela ?
Puis il saisit le bout libre de la corde et il le lance dans un arbre, en travers d’une branche. Je ne comprends pas ce qu’il veut faire. Puis il se met à tirer. J’essaie de bouger, de me mettre sur mes pattes, mais je suis trop faible et je retombe, sans force. Il tire toujours, je sens ma tête qui s’élève, la pression sur ma gorge est horrible. J’essaie d’aboyer mais je ne peux pas. Il tire encore, mes pattes de devant quittent le sol, je sens mes vertèbres tendues à se rompre. Ma tête est rejetée en arrière.
Et j’aperçois Nina. Elle est là. A quelques mètres. Son corps noir et blanc tournoie à un mètre du sol. Sa langue sort entre ses lèvres et des babines retroussées lui font un rictus menaçant, elle qui n’a jamais résisté.
Mes pattes arrière touchent le sol. La souffrance est de plus en plus horrible. Mes antérieurs griffent désespérément l’air, je me débats, en vain. Mes cuisses sont tendues.Je veux vivre !
Je sens la tétanie qui les gagne, mes muscles tremblent. Le maître a allumé une cigarette. Il regarde. Il parle. Il me demande quel air je suis en train de lui jouer sur mon piano.
Je ne comprends pas. L’air passe de plus en plus difficilement dans ma gorge. Une de mes pattes arrière vient de céder. La pression se fait encore plus forte sur mon cou. Je sens l’odeur des arbres, de la sève. Mais aussi l’odeur de l’homme, sueur, alcool, tabac et essence. Une odeur que j’ai appris à craindre. Il rit. Ma vision s’obscurcit. L’air ne passe plus. Je ne sais pas depuis combien de temps je suis là. Les oiseaux qui s’étaient tus se sont remis à chanter. Le soleil est haut dans le ciel. Je sens sa chaleur. Mais je ne le vois plus. Je n’en peux plus. Trop mal.
La délivrance.
Raymond Audemard © LED 2006
Pour bien comprendre le titre de ce texte, il faut savoir que lorsqu’un galguero pend son chien, s’il a bien chassé ou bien couru, il s’arrange pour que sa mort soit rapide.
Si, au contraire, le chien a mal chassé ou l’a déshonoré en perdant une course, il doit souffrir le plus longtemps possible. Le chien, pendu avec les postérieurs touchant le sol, pourra mettre des heures à agoniser. Ses antérieurs qui s’agitent évoquent, pour les galgueros, les mouvements d’un pianiste sur son clavier. Ils utilisent aussi le terme de « Dactylo ».
Ces gens ont décidément beaucoup d’humour…
Commentaires
cri d'alerte site : cridalerte.blog4ever.com | le 09/02/2009 à 14:06:04Votre blog es super, complet et tres touchant! C'est important de fair connaitre la souffrance animal afin de faire avancé les choses... Merci pour eux
BAMAKO site : | le 21/10/2008 à 23:31:36
Cela démontre que l'on peut être minable.
Ces pratiques sont scandaleuses.
<< En abusant de sa supériorité pour infliger la souffrance, l'homme perd sa dignité >>
Charles-Amarin BRAND
Vivie le 21/10/2008 à 17:23:28
Voici un texte qui traduit la dure réalité....
Le pianiste...
C’était un bout de terrain presque plat, une saignée dans la forêt, les hommes étaient là, en groupe. Ils fumaient des cigarettes mal odorantes qu’ils roulaient tout en plaisantant. Nous, les galgos, on était au pied. Les oreilles agitées, attirées par les mille bruits de la forêt.
Un peu excités aussi, par l’odeur du lapin qui était là, à quelques pas, dans la cage grillagée. On sentait sa peur. Elle nous attirait, comme un aimant.
Les hommes se sont mis en rang, chacun avec un galgo serré entre leurs cuisses, les colliers de corde ou de fil de fer étaient solidement tenus.
Le mien entrait douloureusement dans la peau de mon cou. Puis, ils ont ouvert la cage. Affolé, il a surgi à la vitesse de l’éclair. Au signal, les galgueros ont lâché les colliers. J’ai ressenti une vive douleur à la queue. Pour me faire « démarrer » plus vite, mon maître l’a entaillée avec son couteau. Comme mes frères de course, je porte des dizaines de stigmates de ces coupures. Cela ne me fait pas courir plus vite, mais mon maître ne semble pas s’en rendre compte.
Alors, j’ai couru. Couru de toutes mes forces, couru de tout mon être. Je voulais l’attraper cette petite boule de fourrure beige qui s’agitait frénétiquement devant nous, changeant sans cesse de trajectoire pour nous tromper. Le sang battait à mes tempes et je sentais l’air s’engouffrer dans ma large poitrine après les premières secondes où j’avais retenu mon souffle.Mais je suis un coursier. Un chasseur et un coursier, et je ne le quittais pas du regard. Je percevais son affolement. Les hommes criaient, tapaient dans les mains, criant les noms des chiens qui couraient pour eux. J’étais presque sur lui, je recevais de minces giclées de poussière soulevées par ses pattes.
Et puis, il y a eu cette motte de terre qui a cédé sous ma patte, j’ai perdu l’équilibre un instant, mais je ne suis pas tombé. Blas, un grand galgo noir en a profité, il m’a devancé et a attrapé le lapin. Il l’a secoué dans sa gueule, en sautant en l’air de plaisir. Je me suis approché, mais il a grogné. Il était le vainqueur. Les hommes sont arrivés en courant, ils ont retiré son trophée à Blas. Il a aboyé. Il a reçu un coup de fouet.
Mon maître était furieux, je l’ai vu donner des morceaux de papiers au maître de Blas. Il m’a attrapé par le collier, méchamment et a serré. J’ai gémi. Il m’a donné des coups de poings et des coups de pied. Ce n’était pas ma faute, je ne l’avais pas vu cette motte de terre, et puis, le plus important c’était bien que le lapin qui s’était échappé ait été rattrapé. Même par Blas !
En revenant vers les voitures, j’ai aperçu Libra. Elle se traînait sur trois pattes. Elle était tombée. L’os sortait de sa patte arrière droite, juste au-dessus de la cheville. Son propriétaire, un gros chasseur du coin l’a insultée, puis il l’a rouée de coups de pieds. Chaque fois que les coups atteignaient sa patte brisée elle hurlait. Il riait et il tapait encore plus fort. Puis il a donnée un coup de talon sur son dos. Elle n’a plus bougé. Plus gémi. Mais j’ai vu ses yeux. Elle était encore vivante.
Ils l’ont laissée là.
Il y avait de la bière, les hommes ont bu en plaisantant. Le soleil commençait à chauffer. Mon maître m’a attaché au bout d’une corde et il m’a entraîné vers la voiture. Je suis monté à l’arrière, aidé d’un bon coup de pied dans les reins. Tout en conduisant, très vite malgré l’état de la route, il n’a pas arrêté de hurler après moi. De m’insulter. De temps en temps il se retournait et me frappait avec un bâton qu’il a toujours avec lui. Arrivé à la ferme, il m’a attaché. Très court. Je ne pouvais pas atteindre la vieille bassine pleine d’eau sale dans laquelle je bois habituellement. Il est rentré. Je l’ai entendu hurler encore.
Puis il est sorti, avec un fouet et il a commencé à me frapper. Je ne pouvais pas m’enfuir, tout au plus me rouler en boule. Le fil de fer m’étranglait et je suffoquais tandis que les coups pleuvaient sur mon dos, sur mes flancs.
Pourquoi ?
Au bout d’un moment il s’est calmé. Il est rentré. Le soleil cuisait mes plaies, les mouches se posaient sur moi, mais je n’avais même plus la force de les chasser.
Nina, une petite galga est venue lécher mes plaies. Je n’ai pas réagi. Cela apaisait un peu la brûlure. Mais elle ne pouvait rien faire pour ma gorge serrée et desséchée par la soif. Nina est là depuis longtemps, elle fait souvent des petits. Ils partent très vite. Elle est vieille maintenant, elle est très maigre. Elle est là depuis au moins cinq saisons de chasse.
La journée a été longue. Le maître est parti à la chasse, avec Nina. Au soir il est revenu. Seul. Je ne disais rien, je ne faisais aucun mouvement, comme si j’avais voulu me confondre avec le sol. Mais il est revenu vers moi. Il m’a craché dessus et donné un coup de sa botte ferrée.
Toute la nuit, j’ai grelotté, de froid, de fièvre, de douleur. Les tiraillements de ma peau déchirée rendaient chaque mouvement douloureux. Même respirer devenait un calvaire.
Au matin, il est venu vers moi, il avait une longue corde.Il m’a détaché, a passé la corde dans le fil de fer qui me sert de collier et il m’a traîné. Je pouvais à peine me tenir debout. Il m’a attrapé par le cou et par une patte et m’a jeté dans la voiture. J’ai hurlé. Il a ri. J’avais mal. Mais son rire m’a rassuré. En général, quand il rit, il ne frappe pas trop longtemps. Ou moins fort.
Il a pris un chemin de montagne, un de ceux que nous prenons quand il m’emmène chasser. Mais jamais je n’aurai la force de chasser. Je ne peux même pas me remettre debout dans la voiture. J’ai glissé entre les sièges, sur le plancher et je ressens tous les cahots de la route empierrée.
Il fait beau. Au loin j’entends des oiseaux chanter. Une abeille est venue se poser sur ma truffe. Je ne pouvais même pas la chasser. Elle s’est envolée. Il doit y avoir pleins de lapins par ici. Je sens l’odeur de leurs crottes. Il arrête la voiture. Il sort et fume une cigarette. Par la fenêtre j’aperçois la fumée bleutée qui s’élève, mais je ne le vois pas, ma tête posée sur le plancher de la voiture. J’entends sa botte qui racle le sol. Il écrase sa cigarette. Il fait toujours cela. Il ouvre sa porte et se saisit de la corde et il tire d’un coup sec. La douleur est fulgurante. Mon souffle est coupé. Il empoigne sans ménagement la peau de mon dos, comme le faisait ma mère lorsque j’étais chiot. Mais il me fait mal. Je ne suis plus un chiot. Il me jette part terre et il me traîne en me tenant par les pattes. Ma langue sort de ma bouche, je n’ai plus de salive et la douleur de ma gorge est comme un fer rouge. Il s’arrête enfin. Je sens alors les cailloux coupants du chemin qui ont ravivé mes plaies. Il me regarde. Me donne un coup de pied dans la mâchoire.
Pourquoi fait-il cela ?
Puis il saisit le bout libre de la corde et il le lance dans un arbre, en travers d’une branche. Je ne comprends pas ce qu’il veut faire. Puis il se met à tirer. J’essaie de bouger, de me mettre sur mes pattes, mais je suis trop faible et je retombe, sans force. Il tire toujours, je sens ma tête qui s’élève, la pression sur ma gorge est horrible. J’essaie d’aboyer mais je ne peux pas. Il tire encore, mes pattes de devant quittent le sol, je sens mes vertèbres tendues à se rompre. Ma tête est rejetée en arrière.
Et j’aperçois Nina. Elle est là. A quelques mètres. Son corps noir et blanc tournoie à un mètre du sol. Sa langue sort entre ses lèvres et des babines retroussées lui font un rictus menaçant, elle qui n’a jamais résisté.
Mes pattes arrière touchent le sol. La souffrance est de plus en plus horrible. Mes antérieurs griffent désespérément l’air, je me débats, en vain. Mes cuisses sont tendues.Je veux vivre !
Je sens la tétanie qui les gagne, mes muscles tremblent. Le maître a allumé une cigarette. Il regarde. Il parle. Il me demande quel air je suis en train de lui jouer sur mon piano.
Je ne comprends pas. L’air passe de plus en plus difficilement dans ma gorge. Une de mes pattes arrière vient de céder. La pression se fait encore plus forte sur mon cou. Je sens l’odeur des arbres, de la sève. Mais aussi l’odeur de l’homme, sueur, alcool, tabac et essence. Une odeur que j’ai appris à craindre. Il rit. Ma vision s’obscurcit. L’air ne passe plus. Je ne sais pas depuis combien de temps je suis là. Les oiseaux qui s’étaient tus se sont remis à chanter. Le soleil est haut dans le ciel. Je sens sa chaleur. Mais je ne le vois plus. Je n’en peux plus. Trop mal.
La délivrance.
Raymond Audemard © LED 2006
Pour bien comprendre le titre de ce texte, il faut savoir que lorsqu’un galguero pend son chien, s’il a bien chassé ou bien couru, il s’arrange pour que sa mort soit rapide.
Si, au contraire, le chien a mal chassé ou l’a déshonoré en perdant une course, il doit souffrir le plus longtemps possible. Le chien, pendu avec les postérieurs touchant le sol, pourra mettre des heures à agoniser. Ses antérieurs qui s’agitent évoquent, pour les galgueros, les mouvements d’un pianiste sur son clavier. Ils utilisent aussi le terme de « Dactylo ».
Ces gens ont décidément beaucoup d’humour…